Les “communs” de Bauwens, un Rifkin de gauche…

Michel-BauwensMichel Bauwens, théoricien belge, prône l’économie du « pair à pair » (comme Peer to peer) ou encore « économie des communs », des savoirs partagés et des échanges, capable selon lui de dépasser le libéralisme.
Un modèle de transition vers une société des communs, « où l’activité serait collaborative, en partie non marchande, plus écologique et plus heureuse ». C’est le projet de Michel Bauwens (photo), penseur belge de 56 ans. Parfois décrit comme « un Rifkin de gauche », il a lancé une Fondation Peer to Peer, soutenue par l’Equateur, dont la Constitution promeut une économie sociale et solidaire.

Interviewé par Médiapart (18/10), ce théoricien et activiste élabore un « système alternatif à l’hégémonie néolibérale ». Partant du déclin de l’Etat social et de la fin du salariat – « On passe d’une division du travail à une distribution des tâches » - il prévoit l’avènement d’une économie des communs, lesquels auraient pris le pas sur les marchandises. Un système animé par une « nouvelle classe », la jeunesse précaire, classe de connaissances, experte en design, code, développement numérique, qui pratique volontiers l’échange de « pair à pair » et qui paraît de moins en moins contrôlable par les entreprises hiérarchiques.

Ce modèle ne relève plus de l’idéalisme mais du besoin

Ces acteurs produi­sent une nouvelle économie entrepreneuriale, souvent coopérative. Bauwens cite des points d’émergence de ce modèle dans le monde : Malmö (Suède), où plus de la moitié de la population est engagée dans cette société des communs, San Francisco ou Portland où un tiers des café sont des coopératives, Barcelone, où trois quarts de la population prêteraient de l’argent à des gens qu’ils ne connaissent pas…

Bauwens estime que ce modèle, avec la crise, ne relève plus de l’idéalisme, mais du besoin. Mais, concède-t-il, le capitalisme est toujours plus pragmatique et donc plus rapide. Une « nouvelle conscience sociale et politique en rapport avec cette pratique des communs » reste à créer. Sous-entendu au-delà des cercles élitistes et privi­légiés. Mais l’ « explosion des innovations » et la capacité des jeunes à collaborer l’incitent à l’optimisme.

Médiapart

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