Le modèle mutualiste porté aux nues

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Le rapport de l’Institut Montaigne

L’Institut Montaigne, think tank plutôt classé pro-libéral, a publié un rapport sur le poids du modèle économique mutualiste, dominant dans les secteurs de la banque et de l’assurance – une spécificité française – et fait des propositions pour que ce modèle décrit comme exemplaire puisse se pérenniser et se développer.
L’institut Montaigne prône le mutualisme. Jean-Philippe Milesy, blogeur à “Politis”, applaudit des deux mains et, peut-être, n’en croit pas ses yeux. Il faut dire que ce think tank, fondé par Claude Bébéar, l’ancien patron d’Axa, est plutôt d’obédience libérale, orientant néan­moins ses études au croisement des questions de financement, de compétitivité et de cohésion sociale.
Son récent rapport titré «Concilier démocratie et efficacité économique : l’exemple mutualiste», dépeint ce dernier comme «un modèle économique original», sans but lucratif et sans actionnaire, et se penche sur ce en quoi il «constitue aujourd’hui une voie complémentaire aux sociétés anonymes», avec un mode de gouvernance, fondé, note le labo d’idées, sur le principe une personne – une voix.
Un modèle issu d’un mouvement mutualis­te qui a trouvé ses racines dans l’histoire sociale remontant à deux siècles. Notamment dans le domaine bancaire, les banques mutualistes se sont donné pour vocation de «financer l’activité de catégories professionnelles qui n’ont pas accès au crédit».

Et de citer au passage le Crédit agricole pour les agriculteurs et le Crédit mutuel pour les petits commerçants.
Aujourd’hui, ce modèle économique domine le marché de la banque de détail : 67% des encours de dépôts et 71% des crédits aux particuliers pour les banques coopératives, représentant 60% des 36.200 agences bancaires. Lesquels établissements, note encore le think tank, se caractérisent par un fort ancrage territorial et un «rôle social affirmé». Ce qui ne constitue nullement un handicap pour la performance économique : 2/3 de la rentabilité d’exploitation des établissements en France en 2012 sont réalisés par le secteur mutualiste.

Risque de banalisation
des valeurs mutualistes

On retrouve ce type de prééminence dans le secteur de l’assurance : 64% des primes sur le marché de l’assurance automobile pour les mutuelles, 71% du côté des cotisations santé dans le domaine de l’assurance des personnes. L’Institut Montaigne ne se hasarde pas à passer à la critique les dérives en matière de gouvernance ou de financiarisation de certaines de ces grandes entités mutualistes. D’autres le font régulièrement.
En revanche, le think tank s’attache à dégager des pistes pour « maintenir et conforter la robustesse et la performance » de ce modèle (propositions relatives en grande partie au faire-savoir et aux bonnes pratiques), auxquelles souscrit Jean-Philippe Milesy pour qui «la vraie menace» tient au «risque de banalisation des valeurs mutualistes».

Ce qui est visé ici : les concurrents assureurs et banquiers au statut capitalistique qui découvrent et revendiquent aujourd’hui les vertus de la « qualité de service rendu » (à leurs clients) et de la démarche de la RSE (responsabilité sociale des entreprises).

Le rapport sur le site de l’Institut Montaigne

Le blog de Jean-Philippe Milesy

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