Enjeux et perspectives après la loi de l’ESS

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Hugues Sibille

Pour Hugues Sibille, la loi ESS a consacré la place de l’entrepreneuriat social dans cette famille, à charge pour celui-ci de bien négocier « la phase deux », c’est-à-dire le décollage, en respectant au mieux les principes (dont la transparence) et les interactions. L’auteur et universitaire Michel Audigier se montre beaucoup plus pessimiste sur la portée réelle du champ de l’économie sociale.

Hugues Sibille (photo), nouveau président du Labo de l’ESS, l’un des think tanks de l’économie sociale et solidaire, tire les enseignements du nouveau paysage du secteur, après l’adoption de la loi cadre. Loi de l’ESS qui a vu l’apparition de l’entrepreneuriat social dans ce paysage comme membre à part entière de la famille.
Ce mouvement a tendance à prendre la lumière, explique Hugues Sibille : place notable au Salon des entrepreneurs, outils dédiés mis en place par les banques et la sphère financière, accent mis par les Régions sur l’innovation sociale, médiatisation à la hausse.

Mais parmi les enjeux que définit le successeur de Claude Alphandéry à la présidence du Labo de l’ESS figure celui de « tenir la promesse », c’est-à-dire « créer des modèles économiques robustes » alors que

« certains entrepreneurs sociaux confondent parfois leur revue de presse et leur chiffre d’affaires… »

Et de recommander chaudement :

d’ « entrer nettement dans la reddition des comptes, avec des processus et indicateurs convaincants de mesure d’impact et de respect des principes ».

Les autres enjeux : un « changement d’échelle » avec

l’ « émergence d’entreprises sociales de taille intermédiaire » (ESTI, entre 250 et 4.000 salariés), ne serait-ce que pour démentir l’idée que le croissance implique forcément le « passage au pur lucratif »; la cohabitation en « bonne intelligence » entre le monde associatif et l’entrepreneuriat social qui vont de plus en plus partager les problématiques.

Bref, obtenir une « biodiversité positive » entre les trois strates historiques du secteur de l’ESS, économie sociale, économie solidaire et entrepreneuriat social.

L’économie sociale s’est retirée

de la production de richesses

L’universitaire Michel Audigier, auteur de « L’économie sociale d’hier à aujourd’hui » (Ed. Ellipses), ne va pas jusque là, n’intégrant même pas la loi ESS et encore moins l’entrepreneuriat social.

« L’économie sociale s’est retirée de la production de richesses, se concentrant sur sa répartition (…) L’expression même d’économie solidaire me perturbe car elle implique que l’ES ne soit plus solidaire. Or, c’est l’un de ses principes », regrette-t-il.

Laquelle économie sociale, remarque Michel Audigier,

« s’est retirée de la production de richesses, se concentrant sur sa répartition ». Avec cette ambiguité, « centrée sur le champ social, (elle) apporte (des réponses) dans des domaines importants (loisirs, sports, culture, santé), mais en même temps, elle se nourrit en effet de la crise et c’est un vrai paradoxe. »

Michel Audigier remarque encore que les associations dominent le paysage de l’économie sociale « mais les belles réussites sont les mutuelles parce qu’elles ont emprunté le chemin de la banque (…) » prospérant sur « les insuffisances de la sécurité sociale ».

L’édito de H. Sibille sur le site du Labo de l’ESS

L’interview de MIchel Audigier dans « Paris-Normandie »

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ed Ellipses

A LIRE : « L’économie sociale d’hier à aujourd’hui », par Michel Audigier, Ed. Ellipses, 192 pages, 2014, 14,50 €

 

 

 

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