Débat autour de la loi ESS : totem et tabou

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Michel-Abhervé

A l’occasion du mois de l’ESS, deux universitaires spécialistes de l’économie sociale et solidaire, Michel Abhervé (le 26/11 à Périgueux) et Jacques Prades (Bordeaux, le 4/12) ont donné leur point de vue sur la loi ESS, avec des prises de position souvent décapantes.

Grand arpenteur de l’économie sociale et solidaire, et récemment de la loi-cadre du 31 juillet, Michel Abhervé (photo), universitaire et blogueur, est venu à Périgueux expliciter la loi ESS à l’invitation de la Ligue de l’enseignement. Disséquant le texte sous toutes ses coutures, il en a souligné l’originalité et les mérites, la loi définissant «un mode d’entreprendre », soit une démarche plutôt qu’une série de secteurs d’activités.

A l’occasion de l’ouverture du périmètre de l’ESS à des entreprises commerciales, Michel Abhervé a indiqué que la démarche d’ouverture était bien une «volonté politique» forte de l’ancien ministre Benoît Hamon, qui a pu prendre à rebrousse-poil certains lobbies de l’ESS, cette « conception inclusive» étant néanmoins assortie de contre-parties.

L’inscription dans les statuts des entreprises souhaitant y souscrire de règles et principes tels l’interdiction de distribuer l’ensemble des bénéfices lui semble un verrouillage adequat contraignant à constituer une partie de propriété collective. Mais « la vertu n’a jamais été fixée par la loi », a concédé Michel Abhervé.

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Jacques-Prades

De son côté, l’universitaire toulousain Jacques Prades (photo), invité du lieu collaboratif bordelais Le Node, a pris de temps à autre son auditoire à contre-pied, en fustigeant largement la loi-cadre de l’ESS. L’auteur de “Comment résister au capitalisme; tous en coopératives ! “, inscrit dans ses recettes de « ce qu’il ne faut pas faire »… « tout ce qu’il y a dans la loi Hamon » !

Ce spécialiste de la galaxie coopérative de Mondragon estime notamment que les groupes de coopératives et les pôles territoriaux de coopération économique (PTCE) contreviennent aux principes de sagesse : « comment rester petits dans un monde de grands » et/ou miser sur la diversité des activités plutôt que sur la spécialisation, l’inclusion économique représen­tant à ses yeux un «danger».

Pour lui, les expériences qui marchent sont celles où l’ESS s’est placée « en opposition au marché». Une ode à la spécificité…

Le Blog de Michel Abhervé

Le Blog de Jacques Prades

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