SALON ESS | D. Arsicot (Cress) : « L’ESS, ça marche. La preuve ? Nous le vivons ! » (2)

Daniel-Arsicot-CressQuels seront les temps forts du salon ?

Dès le premier jour, 50 structures vont participer à un salon d’affaires, sous forme d’Esspresso, lors de la première matinée. En fonction de la fréquentation et de la montée en charge, il n’est pas impossible que nous en organisions un deuxième dans la foulée, le lendemain matin. Mais le salon c’est aussi l’occasion de développement d’affaires au niveau national. Avec les grands réseaux, les grandes mutuelles pourront se rencontrer, prendre des contacts, échanger. Par ailleurs, 500 élèves seront parmi les visiteurs et assisteront aux conférences. 300 d’entre eux auront bénéficié d’une préparation avec le professeur universitaire de Poitiers Gilles Caire. Encadrés par les étudiants du master 2 de l’ESS, ils vont circuler dans le salon pour interroger nos exposants, les questionnaires ayant été préparés en classe avec leurs professeurs. Il s’agira d’une véritable étude, à la fois une formation et une sensibilisation. C’est la première fois que cela se fait, il n’y a pas d’équivalent en ce moment en France.
Nous allons aussi lancer, en partenariat avec le rectorat, un module de site Internet, qui permettra aux établissements scolaires de tous types de solliciter des interventions et de sensibilisations ou de formation dans les domaines qu’ils souhaiteront et que nous leur proposerons. Exemples : les familles de l’ESS, les réseaux, les secteurs d’emploi, les secteurs innovants, etc. C’est nouveau et inédit en France.
Nous répondons ainsi à un accord-cadre passé entre le ministère de l’Education nationale et celui de l’ESS, du temps de Benoît Hamon, avec l’association L’Esper (L’économie sociale partenaire de l’école de la République) où figurent une quarantaine d’organismes qui se mettent à la disposition des établissements pour leur apporter des modules de formation. C’est une manière d’appuyer la formation à l’ESS sur différentes structures. Aussi bien au niveau de l’école élémentaire, comment fonctionne une coopérative, à quoi sert la coopérative scolaire par exemple, le rôle des élèves dans cette coopérative ; mais aussi à l’université avec des modules d’information pour les étudiants. Nous sommes heureux de voir que des coopératives d’étudiants se mettent en place, et elles seront présentes au salon.

 
L’ « effet salon » est fondé sur l’exemplarité ?

Des entreprises organisées sous forme de coopératives, Scic, etc., apportent une innovation, et seront présentes pour montrer qu’en Poitou-Charentes elle sont capables de créer des emplois. Je prends l’exemple des Ateliers du Bocage, où on fait à la fois de l’insertion, de l’écologie en recyclant des déchet et où on montre qu’on est capable de prendre les choses en main sur un territoire. On peut multiplier les exemples de ce type. Mais il y aura aussi des structures comme Ciel Bleu qui interviennent sur le plan national et qui proposeront des animations pour jeunes, adultes et personnes vieillissantes. Nous n’avons pas voulu le style de stand avec une nappe et des prospectus dessus. Des grands groupes nationaux, comme Chèques déjeuners, participent. La MGEN, Mutuelle générale de l’Education nationale, sera l’un des principaux partenaires. La Caisse d’Epargne et la Fondation Caisse d’Epargne y seront aussi.

Ce 1er salon national se déroule au moment où l’ESS est sur une pente ascendante...

A la suite de la grande crise de 2008, brusquement, on s’est rendu compte que dans l’ESS, on n’a pas licencié à tour de bras. Au contraire, on a continué à embaucher entre 2008 et 2011. La territorialité que j’évoquais plus haut précédemment fonctionne. La démocratie est une réalité. A travers les coopératives, par exemple, l’employé, le consommateur, le dirigeant se sentent impliqués dans la boîte. Ils vont tout faire pour maintenir l’entreprise en activité, ils ne vont pas délocaliser en Birmanie sous prétexte que là-bas ce sera moins cher… Disons que l’ESS, ça marche, la preuve c’est que nous le vivons. Elle existe, nous sommes dans les territoires ce n’est pas une économie naissante. Nous sommes tous mobilisés pour qu’il y ait du développement économique, on est prêt à aller dans les structures éducatives pour que la jeunesse nous voie d’un œil neuf, on n’est pas une économie de la réparation, nous sommes une économie du quotidien. Quel citoyen ne fréquente pas une association ? Nous sommes souvent couvert par une mutuelle d’assurance. Nous consommons des produits qui proviennent de coopératives. Notre argent est souvent placé dans des structures de l’ESS, banques coopératives ou mutuelles, etc. Qu’on arrête de penser que les coopératives sont constituées de doux rêveurs ! Cela fait plus de 100 ans que nos structures existent. Elles vivent, elles se transforment. Elles sont confrontées au secteur concurrentiel et elles résistent très bien. Mais avec une autre forme de gouvernance. Nous sommes d’abord et avant tout des sociétés d’hommes, de personnes, et non des sociétés de capitaux.
Mais communiquer c’est ce que nous ne savions pas faire, nous ne l’avons jamais vraiment fait jusque-là. Il y a le mois de l’ESS (en novembre) et les panoramas produits par les observatoires de l’ESS. Mais nous n’avions pas vraiment de communication en général. Ce salon va y contribuer. Comme il va participer à l’inter-connaissance des acteurs de l’économie sociale et solidaire. Par exemple, la FNMF (Fédération Nationale de la Mutualité française) s’investit sur ce salon. Elle a la capacité de s’exprimer par elle-même comme elle le veut, quand elle le veut. Pour autant, elle n’a pas l’habitude de se fondre dans une organisation ESS. Or la FNMF a ressenti l’impérieuse nécessité d’être présente au 1er salon national de l’ESS. Et nous accueillerons son président national Etienne Caniard vendredi soir.

Le salon national de l’ESS sera-t-il pérennisé à Niort ou en Poitou-Charentes ?

La décision appartient au Conseil national des Cress. Le CNCRES et l’ESS au plan national en jugeront. Mais ayant participé et organisé le premier salon régional de l’ESS et en ayant suivi la préparation de ce salon national, j’ai la formidable conviction, sachant que nous allons bientôt lancer le mois international de l’ESS, que nous sommes sur une pente ascendante et je ne vois pas comment l’ESS pourrait se priver par la suite de salons nationaux. Mais que ces salons tournent en France, cela ne m’étonnerait pas et je trouverais cela normal, ou qu’un jour, nous soyons gagnés par le parisianisme… forcément cela arrivera un jour. La Bretagne est la première région ESS et ils ont tout à fait la capacité de l’organiser aussi…

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