Coopératisme, latéralisme : la solution ?

Un nouveau modèle socio-économique semble émer­ger plus ou moins en sourdine, engagée soit sur la voie coopérative, soit selon une démarche collaborative, soit les deux à la fois. Au moment où bon nombre des économies dites avancées apparaissent durablement en panne…

Benjamin-BoutinEt si la solution était coopérative ? Benjamin Boutin (photo), participant au Forum des jeunes lea­ders coopératifs au Sommet international de Québec, donne une réponse affirmative. Ce lauréat du concours “Inventez 2020!” du Cercle des Economistes affirme qu’un nouveau modèle socio-économique est en train de se constituer « silencieusement », comme en attestent les « centaines d’initiatives écologiques, sociales et solidaires qui fleurissent sur notre territoire » (La Tribune). Un mouvement qu’il dénomme « coopératisme » parce que se fondant sur l’esprit de coopé­ration, adoptant souvent les structures traditionnelles du mouvement coopératif. A condition d’un renforcement des structures d’accompagnement et d’un regroupement des forces coopératives, ce « nouveau » modèle économique pourrait devenir, selon lui, « le cadre conceptuel approprié pour penser les interactions entre l’économie socia­le et solidaire, l’économie du partage et de la fonctionnalité et l’économie circulaire ». L’enjeu : faire fonctionner ces coopératives en circuits locaux et les relier, en amont, à des coopératives de financement et, en aval, à des coopératives de partage. « Un tel modèle de développement requiert des investissement », pointe Benjamin Boutin, en ciblant les banques coopératives, l’exemple du mouvement des Caisses Desjardins au Québec à l’appui. En France ? La balle est dans le camp des Banques Populaires, Cais­ses d’Epargne, Crédit agricole, Crédit Mutuel… En contre-point, Stéphane Delaporte, qui se définit comme « créativiste », plaide pour la « révolution collaborative », nouvelle logique économique « capable de nous faire entrer dans un futur plus équitable et durable » (Les Echos). A ses yeux, un « nouveau modèle d’entrepreneuriat social favorise les entreprises latérales pour lesquelles l’intérêt commun est la meilleure façon de parvenir au développement économique durable ». Au-delà de la formule, ce latéra­lisme est l’apanage d’entreprises hybrides, s’appuyant sur un capital-risque « philanthropique » et sur le mécénat, sans passer par le financement public. Le modèle paraît bien adapté, pense-t-il, aux millions de micro-entrepreneurs et de consommateurs. Leur mise en réseau, autrement dit leur mutua­lisation, produirait un « effet multiplicateur latéral à long terme », de nature à leur permettre de surpasser en gains économiques des « firmes centralisées et hiérarchiques ». A l’image des « réseaux sociaux distribués et coopératifs (qui) écrasent aujourd’hui les médias verticaux traditionnels ».

La Tribune

Les Echos

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